Sélection classée selon les trois axes de recherche. La liste complète figure sur ORCID.
Voir et prévoir le social au XXIe siècle
in Études digitales, n° 10, 2020, p. 21-40.
La prolifération de traces numériques réactive les présupposés de la physique sociale du XIXe siècle, au point de perturber très significativement l’équilibre entre des épistémologies qui n’ont cessé de se distancier tout au long du XXe siècle.
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La visualisation de données, lorsqu’elle engage à voir et plus encore à prévoir ce qui serait autrement imperceptible, réactive en cela des clivages susceptibles d’accroitre les frontières qui organisent la production scientifique, tout en les fracturant plus encore, alors que la pluralité des points de vue sur le monde et les moyens à mettre en œuvre pour le rendre plus intelligible se satisfont de moins en moins des artifices disciplinaires.
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Sur les traces numériques de l’individu
in Yann Calbérac, Olivier Lazzarotti, Jacques Lévy et Michel Lussault (dir.), Carte d’identités. L’espace au singulier, Paris, Hermann, coll. « Colloque de Cerisy », 2019, p. 203-248.
Les traces numériques sont si convoitées que leur exploitation massive expose à des situations individuelles et collectives de plus en plus sensibles et problématiques.
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Dès lors, la question de la pertinence d’une telle traçabilité se pose en des termes renouvelés et engage à se demander plus explicitement quel intérêt y a-t-il à être à ce point sur les traces numériques des individus ? Est-ce pour prédire l’avenir, pour organiser le présent ou pour rendre responsable du passé ? La traçabilité constitue un enjeu scientifique, économique et politique qui exige de questionner ce que la traçabilité individuelle engage en termes de coexistence, de capacité à saisir ce qui est et à supposer ce qui vient. Avec la prolifération incontrôlée des traces, il convient d’en saisir la puissance, mais aussi les limites. Sans précaution, le risque est grand de méconnaître le présent et de perdre prise sur l’avenir.
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Mapping Affinities in Academic Organizations
in Frontiers in Research Metrics and Analytics, vol. 3, art. 4, 2018.
avec Dario Rodighiero et Frédéric Kaplan.
Scholarly affinities are one of the most fundamental hidden dynamics that drive scientific development.
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Some affinities are actual, and consequently can be measured through classical academic metrics such as co-authoring. Other affinities are potential, and therefore do not leave visible traces in information systems; for instance, some peers may share interests without actually knowing it. This article illustrates the development of a map of affinities for academic collectives, designed to be relevant to three audiences: the management, the scholars themselves, and the external public.
Our case study involves the School of Architecture, Civil and Environmental Engineering of EPFL, hereinafter ENAC. The school consists of around 1,000 scholars, 70 laboratories, and 3 institutes. The actual affinities are modeled using the data available from the information systems reporting publications, teaching, and advising scholars, whereas the potential affinities are addressed through text mining of the publications. The major challenge for designing such a map is to represent the multi-dimensionality and multi-scale nature of the information. The affinities are not limited to the computation of heterogeneous sources of information; they also apply at different scales.
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(re)Médiations numériques et perturbations des sciences sociales contemporaines
in Sociologie et sociétés, vol. 49, n° 2, automne 2017, p. 83-111.
La traçabilité sans précédent des pratiques sociales réactive des clivages qui ont divisé les sciences depuis le XIXe siècle.
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L’abondance des données et la puissance de leur traitement semblent fragiliser la sociologie, alors même que la physique ou l’informatique investissent activement ses problématiques de prédilection. La sociologie n’aurait plus le monopole du social, dont les relations ne seraient pas si singulières et pourrait faire l’objet de traitements éprouvés par les sciences de la nature.
Afin de mieux saisir les enjeux relatifs au déploiement des dispositifs numériques à l’ensemble des pratiques contemporaines, nous proposons de distinguer l’évolution des relations sociales, de l’observation de ces relations, de la production de connaissances et, enfin, de la production de sens, comme autant de « remédiations numériques ».
Nous n’assisterions ainsi pas tant à une crise de la sociologie empirique qu’à la résurgence de l’idéal d’une physique sociale opposant aux qualités de l’interprétation la puissance de l’efficience. En faisant l’économie de plus d’un siècle de sciences sociales, ce projet promu par une science sociale computationnelle entretient pourtant de nombreux malentendus et une négligence surprenante de la réflexivité, récusant activement le propre de l’humain au profit de lois supposées universelles.
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Topographies réticulaires
in Réseaux, n° 195, 2016, p. 53-83.
avec Nicolas Nova.
Comprendre l’hésitation entre les représentations topographiques et les représentations topologiques de l’espace suppose de mieux concevoir l’espace.
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En soulignant à quel point l’espace est essentiellement relationnel et relatif, les approches positionnelles et absolues de l’espace se révèlent n’être que des points de vue particuliers, dont l’effet de réel ne peut être entretenu que par la stabilité relative des entités considérées. En prenant l’exemple des traces numériques utilisées pour produire des représentations renouvelées des pratiques urbaines, cet article propose de souligner à quel point les pratiques spatiales sont elles-mêmes essentiellement relationnelles, par quels moyens les cartes reproduisent des illusions de territoire là où il n’y a pourtant que du réseau, et quels peuvent être les enjeux de telles représentations dès lors qu’elles sont mobilisées dans l’action.
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Spatialités algorithmiques
in Marta Severo et Alberto Romele (dir.), Traces numériques et territoires, Paris, Presses des Mines, 2015, p. 135-162.
Les traces numériques sont éminemment spatiales.
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Elles rendent compte de la dimension spatiale de l’action, comme autant de témoignages de ce qui a lieu. Plus que l’espace, ce sont d’ailleurs les spatialités qui intéressent les sciences sociales, c’est-à-dire non seulement « les caractéristiques de la dimension spatiale d’une réalité sociale », mais aussi « l’ensemble des actions spatiales réalisées par les opérateurs d’une société ». Car, toujours, nous faisons avec l’espace.
En nous informant sur ce qui fut, les traces numériques nous informent aussi sur ce qui est en puissance. La virtualité recouvre ici toute sa portée, celle du monde en devenir, et non celle de l’artificialité ou de l’irréalité. Les traces numériques nous informent sur ce qui a lieu, sur les pratiques spatiales individuelles, sur la spatialité d’une société. Et, de plus en plus, quelle que soit notre action spatiale, territoriale ou réticulaire, dans la rue ou sur Internet, nous laissons des traces de notre passage.
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Espace de la carte, espace de la ville. Des analogies à la coexistence
in Khaldoun Zreik (dir.), Actes du colloque Hyperurbain 2, Paris, Europia, 2010, p. 15-39.
Ces cinq dernières années, les pratiques cartographiques ont été profondément renouvelées et se sont en grande partie concentrées au sein des grandes métropoles.
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La carte y était généralement présente dans le métro, dans la rue (mobilier urbain) ou dans les guides. Elle est à présent sur Internet et par continuité sur les téléphones mobiles adaptés, accompagnant les individus dans leurs déplacements.
Augmentée des moyens de l’égocentrer, de la télécommuniquer et de la coproduire, la carte devient un objet plus complexe, dont le rôle et la responsabilité ont changé. Considérer le rôle de la carte, son évolution récente et les enjeux correspondants permet de prendre la mesure des opportunités et des défis de l’environnement urbain contemporain.
La carte est plus que jamais une remarquable technique spatiale qui peut être mobilisée avantageusement dans la mobilité et dans l’aménagement des espaces les plus complexes. Ainsi augmentée, la carte a cependant rarement autant entretenu l’illusion de son analogie avec l’espace dont elle est la représentation, au risque de façonner la ville à son image, aussi trompeuse soit-elle.
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Crime Mapping, ou le réductionnisme bien intentionné
in EspacesTemps.net, 4 mai 2009.
En 2008, le British Crime Survey fit remarquer que le risque d’être victime d’un crime est au plus bas depuis le lancement de son étude systématique en 1981.
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Il précisa à cette occasion que cette tendance est observable dans l’ensemble des pays développés. En Angleterre, la criminalité aurait baissé de 39% depuis 1997, dont 40% pour les crimes violents et 55% pour les cambriolages. Ce constat questionne le traitement médiatique et politique de la criminalité qui, accordant une place importante à cette thématique, semble créer un décalage croissant entre la criminalité et sa perception. En particulier, la généralisation récente des cartes urbaines de la criminalité aux États-Unis et en Angleterre interroge sur leurs fonctions, lorsqu’elles sont présentées comme des moyens de rassurer les citoyens, de les rapprocher des forces de police et de faire baisser la criminalité.
À ce jour, la majeure partie des villes des pays anglo-saxons dispose d’un dispositif de cartographie publique de la criminalité. Leur réalisation est certes inégale, mais la tendance est clairement à la banalisation de ce qui est à présent communément appelé le crime mapping. De la criminalité à ses perceptions, s’ajoute alors la carte qui, par sa présence accrue, participera peut-être de cette confusion entre les faits et ce que l’on en fait. The Met’s Crime Mapping Website, une référence du crime mapping, constitue un exemple remarquable d’association entre une réalité suggérée et sa représentation.
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Après la synchôrisation…
in Sylvain Allemand (dir.), Égogéographies par temps de (dé)confinement, Serendip Éditions, 2021.
Internet, en quête de spatialité
in Vincent Clément, Anne Volvey et Mathis Stock (dir.), Mouvements de géographie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2020, p. 179-188.
Si la géographie ne s’empare pas sérieusement de la spatialité d’Internet, est-il judicieux de laisser d’autres disciplines s’en charger, dès lors qu’il est de plus en plus difficile d’en nier la pleine réalité ?
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En réduisant Internet à sa territorialité, aussi pertinente soit-elle, la géographie ne prend-elle pas le risque de négliger l’une des plus puissantes spatialités contemporaines et de ne pas contribuer efficacement aux enjeux sociétaux considérables que cela recouvre ? Pour relever ce défi, la géographie ne doit-elle pas tout simplement prendre acte de son renouvellement théorique, engagé depuis plusieurs décennies, qui ne réduit plus l’espace à un simple support matériel des pratiques sociales ?
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Synchorisations réticulaires
in Valérie Schafer (dir.), Temps et temporalités du Web, Paris, Presses universitaires de Paris Ouest, 2018, p. 153-172.
En un quart de siècle, le Web s’est imposé comme une médiation d’une rare puissance.
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Comprendre à quel point le Web est non seulement une technique, mais aussi un espace, permet de mieux caractériser les enjeux relatifs à son déploiement, à son partage et à sa gouvernance. Le Web est un lieu du Monde, complexe, fragile et toujours en devenir.
Aussi, comme tout espace, le Web a une histoire, un présent et un avenir. Il est passé de l’utopie à la politique. Le Web s’inscrit en cela dans un long processus de synchorisation, commencé avec la roue, l’écriture, l’imprimerie, le train ou le télégraphe, par lequel nos existences deviennent communes. Le Web participe en cela d’un réagencement puissant de la place relative des choses, soulignant à quel point il est politique.
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De quoi Wikipédia est-elle le lieu ?
in Lionel Barbe, Louise Merzeau et Valérie Schafer (dir.), Wikipédia, objet scientifique non identifié, Paris, Presses universitaires de Paris Ouest, 2015, p. 41-54.
La démocratie, mais aussi la science, ont certainement beaucoup à apprendre de ce qui semble être la manifestation contemporaine la plus éminente des valeurs de l’humanisme.
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Wikipédia est en effet le lieu d’une expérience politique inédite, dont l’intensité et l’ouverture engagent à considérer avec beaucoup d’attention les valeurs et les normes qui s’y déploient. Wikipédia est un lieu qui permet la collaboration d’un nombre considérable d’individus sans a priori de leur légitimité et de leur compétence. Un tel lieu n’était pas possible il y a à peine une trentaine d’années.
Or, cette spatialité spécifique recompose profondément la régulation de l’espace. Elle constitue un exemple significatif du potentiel des individus à organiser ensemble l’avenir d’un bien commun. Ce que Wikipédia parvient à réaliser sur des sujets parmi les plus sensibles, comment pourrions-nous le transposer à d’autres enjeux de société qui exigent sensiblement les mêmes qualités d’ouverture et de mobilisation ? Il est temps de ne pas seulement évaluer Wikipédia à l’aune des théories existantes, mais de renouveler judicieusement ces dernières à l’aune des pratiques inédites qui ont lieu au sein de cet espace.
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Les virtualités de la synchorisation
in Géo-Regards, n° 7, 2014, p. 123-143.
Cet article propose d’inscrire la mobilité dans une problématique plus générale de l’action afin de mieux identifier les enjeux relatifs à l’évolution des technologies de transmission numérique.
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Cette articulation entre mobilité et télécommunication est développée autour de la notion de synchorisation, présentée comme le processus par lequel la distance devient moins pertinente. La synchorisation de l’information, c’est-à-dire l’augmentation de son accessibilité, accroît effectivement la visibilité de notre environnement, comme autant de virtualités dont l’actualisation est facilitée, et dont la maîtrise constitue un enjeu de plus en plus important.
En insistant particulièrement sur les puissantes logiques de centralisation de la visibilité, cet article propose de considérer avec plus d’acuité les conditions de production, de communication, de traitement et de valorisation de l’information spatiale. Lorsque le Monde devient un lieu pour l’information, lorsque la circulation de l’information est globale, la tension entre la démultiplication des virtualités de l’action et l’exposition de soi est en effet totale, au point de produire un monde dont la politique reste à inventer.
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La vulnérabilité réticulée
in Amaël Cattaruzza et Didier Danet (dir.), La cyberdéfense. Quel territoire, quel droit ?, Paris, Economica, coll. « Cyberstratégie », 2014, p. 60-70.
En plus d’une apparente généralisation de cette vulnérabilité inédite, les attaques informatiques sont d’autant plus déstabilisantes qu’elles reposent sur les propriétés spécifiques des réseaux de télécommunication numériques, qui se distinguent très significativement d’autres formes de vulnérabilité plus conventionnelles pour lesquelles des dispositifs techniques spécifiques furent développés.
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En particulier, la frontière semble être particulièrement affectée par ce type d’attaques. Elles s’appuient en effet sur un système technique qui n’est structurellement pas conforme au découpage territorial du Monde selon les États-nations. En changeant l’espace, Internet a en effet démultiplié les relations entre des espaces autrement disjoints, créant du contact où il y avait de l’écart. En faisant du Monde un lieu, ce sont les lieux du Monde qui se trouvent affectés par le risque d’être vulnérables à des atteintes réticulaires à leur intégrité.
Dès lors, quel peut être l’espace légitime du politique susceptible d’organiser la spatialité spécifique d’Internet ? Cet espace présente certes des opportunités remarquables pour l’humanité, mais il réduit tout autant la souveraineté et la maîtrise de ses composantes particulières.
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Le local à l’épreuve d’Internet
in Franck Cormerais et Pierre Musso (dir.), La société éclatée. Le retour de l’objet local, La Tour-d’Aigues, Éditions de l’Aube, 2014, p. 67-81.
L’émergence du Monde comme espace pertinent pour l’humanité n’est pas contradictoire avec l’existence d’autres échelles signifiantes pour penser et organiser la coexistence.
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L’espace est partout, ce qui souligne les enjeux de l’ubiquité, mais tout est quelque part, ce qui souligne les enjeux de la localité. C’est l’articulation entre l’espace existentiel des individus et l’espace fonctionnel des sociétés qui est au cœur de la force et de la faiblesse du local. La mondialité ou la localité ne sont que deux idéaux types qui, séparément, sont porteurs de deux idéologies particulièrement puissantes, mais contradictoires et insuffisantes.
L’émergence d’une société d’individus s’accompagne effectivement de multiples recompositions des nous, du local au mondial, dont les intrications s’inscrivent dans des habitus sociaux puissants qui résistent inégalement à l’émergence d’un nous mondial. Faire du Monde un lieu, une localité pour l’humanité est un projet largement engagé. Faire du local un lieu est en revanche une histoire dépassée. Penser le Monde contemporain consiste en cela à penser la pluralité des coexistences entre les individus et le Monde, à accepter la pluralité des localités et à concevoir le local comme ce qui fait lieu dans un contexte particulier.
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Les jeux vidéo comme espace de médiation ludique
in Hovig Ter Minassian, Samuel Rufat et Samuel Coavoux (dir.), Espaces et temps du jeu vidéo, Paris, Questions théoriques, coll. « L>P », 2012, p. 28-52.
Réalisme, ludisme, visualisation, connexion, interaction et hybridation, ensemble, contribuent à la qualité de l’espace du jeu, de ses virtualités et de sa spatialité.
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Mathieu Triclot, dans sa Philosophie des jeux vidéo, parle des jeux comme « expérience instrumentée », insistant sur la relation entre le jeu et le joueur qui en active les potentialités et se revendiquant en cela plus de ce qui seraient des play studies plutôt que des games studies.
En insistant sur les régimes d’expérience du jeu, c’est bien de l’expérience de ces espaces dont il est question. Ce constat, s’il est vrai pour les jeux offline, l’est plus encore avec les MMOG qui, pour la plupart, exigent l’apprentissage de codes et de compétences qui ne peuvent faire l’économie d’une immersion significative du joueur. De plus en plus, ce sont des espaces à habiter qui ont leurs codes et qui exigent des compétences spécifiques pour s’y sentir bien et faire avec l’espace qui est proposé au joueur.
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